Education : une mobilisation justifiée
Plan science, enseignement de l’Anglais à trois ans, programmes CLAIR, ECLAIR, remise en cause du statut des enseignants (recrutement, service) : Luc Châtel tient à faire savoir qu’il « révolutionne » l’Education nationale. En quelques semaines, il aura pourtant réussi l’exploit d’annoncer une kyrielle de mesures… et de revenir sur à peu près toutes.
Les parents et les enseignants ne comprennent plus rien à cette avalanche de déclarations. Y aura-t-il de nouveaux enseignements l’année prochaine ? Les jours d’école, les rythmes vont-ils changer ? Quel sera le statut des établissements des zones d’éducation prioritaire ?
Seule certitude : il y aura moins d’enseignants pour encadrer les élèves. S’il y a en effet une constante – une seule – dans la politique scolaire du gouvernement, ce sont les suppressions de postes, massives, qui étranglent les écoles et les établissements secondaires. Des classes – voire des établissements – vont fermer, le nombre d’élèves par classe va augmenter, les enseignants seront encore moins remplacés, les élèves de moins en moins accompagnés.
Cette réalité, l’UMP et le Président de la République ne peuvent la cacher aux Françaises et aux Français, malgré tous leurs efforts de communication. Nicolas Sarkozy ne peut sélectionner les Français comme il le fait pour les émissions de télévision ou lors de ses déplacements.
Le Parti socialiste interpelle le gouvernement et lui demande de prendre la mesure de l’épuisement et de la colère des personnels et des familles qui se mobilisent aujourd’hui, en manifestant dans la rue ou en occupant des établissements, comme en Seine-saint-Denis. Il faut cesser de naviguer à vue et instaurer immédiatement un moratoire sur les suppressions de postes.
Personne ne se pose la question toute simple: En travaillant plus de 18H par semaine, un prof ne pourrait il pas assumer plus d’heure de cours ? La réponse est classique: il faut travailler à la maison pour préparer les cours…
Certes, mais comment un prof peut il avoir si peu d’heures de cours effectives, alors que les élèves ont pour certains plus de 37 H de cours, des devoirs à la maison, des activités sportives… et tenir le coup ?
De mémoire, les cours d’une année à l’autre ne changent que peu, voir même ne changent pas pendant des années, avec la même blague au même moment du cours (souvenir de redoublant).
Comment justifier que dans l’éducation nationale on puisse prendre des journées maladies non justifiées sans souci ?
Tous ces petits privilèges ne font rien pour que l’ensemble des Français se retrouvent derrière une profession.



