Il y a 20 ans…
Le Bureau exécutif du Parti socialiste salue l’événement historique que constitue le rétablissement de la libre circulation entre les deux Allemagne, et se réjouit de l’évolution que l’on peut aujourd’hui constater au-delà de ce qui fut le rideau de fer.
Il est clair aujourd’hui qu’il ne s’agit pas de réformer, ou de libéraliser les régimes de “démocratie populaire”. Ce qui a commencé en Pologne, en Hongrie, en RDA, s’amorce en Bulgarie, et se produira demain en Tchécoslovaquie et en Roumanie, c’est un changement politique profond, exigé par les peuples, imposé par les faits, et en particulier par une situation économique désastreuse. L’objectif, c’est la démocratie : élections libres, pluripartisme, liberté de pensée et d’expression, institution d’un Etat de droit. A terme, l’ensemble de l’Europe orientale doit jouir des mêmes droits démocratiques que les peuples de l’Europe occidentale, sur la base des principes et des valeurs qui sont déjà les nôtres, ceux de la Révolution dont nous célébrons cette année le bicentenaire.
Ce mouvement est irréversible : il doit être conduit avec un grand esprit de responsabilité, et tenir pleinement compte des équilibres qui garantissent la paix de l’Europe.
Il doit aussi être soutenu, au plan économique et financier, par une aide bilatérale et multilatérale importante et organisée dans le temps à la mesure d’une situation souvent dramatique mais aussi d’un avenir prometteur qu’il faut les aider à construire. La Communauté européenne a dans ce domaine un rôle éminent à jouer, une responsabilité historique à assumer.
Les socialistes se félicitent, dans cet esprit, des initiatives prises par François Mitterrand, en tant que président en exercice de la Communauté. Ils souhaitent que tous les partenaires de la France comprennent à quel point il est urgent que la Communauté européenne manifeste sa solidarité à l’égard des peuples d’Europe orientale de façon massive, rapide et coordonnée.
Au-delà, se pose le problème de la voie que choisiront ces peuples, désormais maîtres de leur destin : certains les invitent à passer directement du communisme bureaucratique au libéralisme sauvage. Nous croyons au contraire que c’est par l’économie mixte, la justice sociale, la solidarité, que les peuples d’Europe orientale peuvent trouver le chemin du progrès économique et social. Les socialistes français sont donc solidaires de tous ceux qui, dans la période de transition que vivent notamment la Pologne, la Hongrie et la RDA, se rassembleront autour des idéaux du socialisme démocratique. Ils multiplieront les initiatives pour poursuivre le dialogue qu’ils ont engagé avec les acteurs de la démocratisation et apporter un appui efficace aux partis socialistes et sociaux-démocrates, aux mouvements démocratiques, et plus largement aux peuples qui luttent, dans toute l’Europe orientale, pour la liberté.
Source: PS


