Les amateurs abandonnés
La Fédération ouvre plusieurs chantiers. Le Conseil fédéral,qui s’est réuni le 23 février, en a débattu avant que les sections se saisissent de ces questions. Bien sûr la campagne pour les élections européennes du 7 juin mobilisera, dans le Finistère, comme dans le reste du pays, tous les militants socialistes. Mais, en parallèle, plusieurs chantiers ont été lancés.
D’abord, la diffusion et l’explication du contre-plan de relance adopté par le Parti Socialiste. Ce document d’une cinquantaine de pages est très facilement accessible sur internet*.
Depuis quelques jours, un tract national, ainsi qu’une affiche, sont disponibles dans les locaux de la Fédération. Une déclinaison départementale, préparée par Stéphane Riou, secrétaire fédéral chargé des campagnes d’adhésions, viendra compléter ces documents. “Nous sommes à la fois dans l’opposition mais aussi dans la proposition”, a résumé le premier secrétaire fédéral, Marc Coatanéa. C’est d’ailleurs tout l’objet du contre-plan de relance adopté par le Bureau national du Parti Socialiste le 20 janvier.
Déjà, des contacts, sous la houlette de Sylvain Elies, secrétaire fédéral chargé des relations extérieures, ont été engagés avec les organisations syndicales au niveau départemental pour confronter les points de vue. “Les socialistes étaient présents et clairement identifiés dans les manifestations du 29 janvier”, s’est félicité Marc Coatanéa. Mais il faut aller plus loin et expliquer le contre-plan de relance, montrer aux salariés comment ces 50 milliards permettraient à la fois d’augmenter le pouvoir d’achat et de stimuler les investissements. Ce sera d’ailleurs l’objet de la réunion publique organisée par Jean-Paul Vermot. Tout pour le “haut niveau” et des miettes pour les amateurs. Voilà à quoi se résume la politique du secrétaire national aux Sports, Bernard Laporte.
“Pourtant, les deux vont de pair”, estime Brigitte Bourguignon, secrétaire nationale du PS chargée du sport.”Nous ne sommes pas contre une aide aux sports de haut niveau, mais pas si cela se réalise au détriment du reste. D’autant que le sponsoring doit jouer son rôle”. Par décision du gouvernement, le nombre des athlètes de haut niveau passerait de 15 000 à 5 000. Comment ? Tout simplement en fermant la moitié des 24 CREPS (Centres régionaux d’éducation populaire et de sports). Celui de Bretagne, situé à Dinard (35), serait sur la liste de ceux qui fermeraient leurs portes à la rentrée 2010.
Cette décision a été prises sans concertation. Or, les CREPS forment à la fois des athlètes mais aussi des animateurs sportifs qui ensuite encadrent les amateurs.
La France compte 15 millions de licenciés inscrits dans 175 000 associations et clubs sportifs. “Derrière ces chiffres, il y a des dizaines de milliers de bénévoles qui donnent beaucoup de temps”, rappelle Brigitte Bourguignon. Encore une fois, le gouvernement compte sur les collectivités locales pour remplir ses missions. Certes, comme en atteste l’exemple du Finistère, elles s’acquittent très bien de cette tâche. Jusqu’au moment où, faute de subventions, elles ne pourront plus accompagner les clubs. Car, aujourd’hui, elles financent déjà 80 % des installations et des manifestations sportives.
Dans le Finistère, le Conseil général soutient à la fois le sport de haut niveau et amateur. Un symbole de cet engagement, la Maison des sports dont la première pierre vient d’être posée. “Les travaux devraient s’achever au premier trimestre 2010″, annonce Daniel Créoff, vice-président du Conseil général en charge de ce dossier. Ce bâtiment, financé conjointement par le département et l’État, accueillera le CDOS (Comité départemental olympique et sportif) et une trentaine de comités départementaux et les services de l’État. “La plupart des comités départementaux ne disposent pas aujourd’hui de locaux”, souligne Daniel Créoff qui précise que “une salle sera également prévue pour les assemblées générales des fédérations”.
“Tous les ans, nous consacrons 5 millions d’euros pour le sport, en investissements et en subventions pour les fédérations”, rappelle l’élu de Huelgoat. Des conventions sont signées pour trois ans. “Les fédérations que nous soutenons s’engagent dans des actions en faveur de la formation des jeunes”, insiste Daniel Créoff.
Les attaques portées par le ministre contre le sport amateur méritent une riposte de la part des socialistes. “Nous venons de créer un groupe de travail* rassemblant militants et élus”, explique Brigitte Bourguignon. “Nous sommes en train de dresser un état des lieux avant d’apporter des réponses à deux thématiques : comment réagir aux coups portés par Bernard Laporte contre le sport amateur et quelle forme doit prendre une vraie politique publique en matière de sports”.


