La campagne avant l’heure ?

A un an de la présidentielle, François Hollande a lancé les hostilités, en tenant son premier meeting, hier. Une campagne avant l’heure qui a le don d’agacer les strauss-kahniens.

Un test avant l’heure. La salle du théâtre Rutebeuf de Clichy-La-Garenne était, hier, scrutée par tous les observateurs politiques. C’est dans ce lieu symbolique, par où est passé un certain François Mitterrand peu avant sa victoire le 10mai 1981, que François Hollande tenait son premier meeting, hier. Et le candidat à la primaire socialiste a fait salle comble. Les 1.200 places ont été prises d’assaut. Mieux, des militants ont même été refoulés à l’entrée. C’est dans une ambiance survoltée, au son de «Donne-moi une vie» de Yannick Noah masquée par les «François président, François président», que François Hollande a fait son entrée, au milieu d’un horde de journalistes. Dans un long discours-programme de 1h15, François Hollande a présenté son «rêve français», basé sur la jeunesse, éducation, logement et justice fiscale, égrénant quelques propositions: engagement pour la mobilité des jeunes, nouvel acte de décentralisation, réforme fiscale, réflexion sur un nouveau mode de calcul du Smic. Sans oublier de s’en prendre à Nicolas Sarkozy, le président des «divisions entre générations, entre religions». Le candidat Hollande creuse donc son sillon, tout en se disant «bien sûr et heureusement» totalement en phase avec le programme du PS. «Il l’a voté, je revois son sourire quand il l’a voté», a d’ailleurs glissé, hier, Martine Aubry. Candidate potentielle, la patronne du PS assure que cela ne la «dérange absolument pas que François Hollande fasse des meetings». Les strauss-kahniens ont, eux, ouvertement critiqué cette campagne démarrée avant le dépôt officiel des candidatures: «Ce n’est pas le moment de montrer ses biceps» (Jean-Marie LeGuen), il «part trop tôt» (Jean-Christophe Cambadélis). Surtout qu’à Washington, des petites mains s’activent pour préparer la succession de DSK. Là-bas, les préparatifs d’un retour à Paris sont de plus en plus voyants.

Royal en embuscade?

En attendant, loin de ce duel annoncé, Ségolène Royal ne capitule pas. Discrète depuis quelques mois, l’ancienne candidate socialiste a fait son retour sur le terrain mardi, en allant à la rencontre de parents d’élèves mobilisés contre les fermetures de classes. Hasard du calendrier ou pas, quelques heures auparavant, Luc Chatel avalisait l’idée d’un «pass» contraception pour les élèves d’Ile-de-France. Un volte-face pour le ministre de l’Education. Il y a un an, il avait vigoureusement dénoncé la mise en place d’un tel système, en Poitou-Charentes, par une certaine… Ségolène Royal.

Source: Le Télégramme.com



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